Entrée #20 - 15.09.21

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, justice, propriété, travail, réseaux, guerre
Les manifestations se sont multipliées tout au long du mois d’août au Honduras contre l'établissement de Zones d'emploi et de développement économique (Zonas de empleo y desarrollo éconómico, ZEDE). Inscrite dans la loi en 2013 après un coup de force législatif de l'actuel président Juan Orlando Hernández avec l'appui de milieux d'affaires américains, leur création doit permettre d'attirer des investisseurs étrangers et des activités industrielles par l'établissement, dans de vastes régions du pays, d'une fiscalité plus faible qu'ailleurs, d'un accès à une main d’œuvre nombreuse et bon marché et de normes sociales et environnementales assouplies. En outre, la loi prévoit de confier la gestion des moyens de police, de justice et de détention à l'administration privée de chaque zone. Cette dernière dispose enfin de facilités d'accès au foncier par l'expropriation afin de simplifier l'installation des activités de production. Leurs détracteurs les considèrent comme les héritières des enclaves bananières (comme celles de la célèbre United Fruit Company) et dénoncent une forme de néocolonialisme ultralibéral. Leurs craintes portent en particulier sur la perte de souveraineté du peuple sur une large portion du territoire national et sur le risque de voir ces enclaves devenir des refuges pour les narcotrafiquants et les hauts fonctionnaires poursuivis par la justice, dans un pays à la corruption endémique. L'ONU a exprimé en juin dernier sa préoccupation vis-à-vis du risque d'atteintes aux droits de l'homme au sein de ces ZEDE. Pour autant, le journaliste Marcel Barang rappelait dans un article paru en janvier 1981 dans le Monde Diplomatique que le modèle des zones franches, dont les ZEDE sont le dernier développement, avait largement bénéficié à cette époque du soutien de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), dans l'optique d'industrialiser les pays en développement dépendants des exportations de produits de base. "Plus généralement", ajoutait t-il, "les organismes internationaux tels que la Banque mondiale ont fait leur la stratégie d’"industrialisation orientée vers l’exportation" qui sous-tend la prolifération des zones franches ; ils exercent de fortes pressions sur les pays récipiendaires de leur aide pour les intégrer dans ce projet global."

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Entrée #012 - 01.12.20

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, climat, propriété, santé
Mi-novembre, des manifestations ont eu lieu au Japon pour protester contre la révision de la loi sur la protection des obtentions végétales et des semences (Plant Variety Protection and Seed Act). Celle-ci doit renforcer le droit de propriété intellectuelle des producteurs de semences, un marché progressivement investi par le secteur privé depuis l'abolition du Seed Act for Major Crops en 2018 qui instituait jusqu'alors la gestion publique des semences. Ses opposants font valoir que la loi obligera les agriculteurs à acheter des semences certifiées tous les ans, impliquant des coûts supplémentaires pour ceux qui utilisent des semences de ferme. Traditionnellement nombreux au Japon, les petits exploitants agricoles à temps partiel craignent que la révision de la loi condamne à terme un modèle agricole singulier hérité de la planification d'après-guerre. La volonté du Parti Libéral Démocrate (PLD) au pouvoir de réformer le secteur s'était jusqu'ici confrontée au conservatisme de leur allié politique historique, les influentes coopératives agricoles du pays. La multiplication des accords de libre-échange (Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) entré en vigueur en 2018, Partenariat régional économique global (RCEP) signé le 15 novembre dernier), qui justifie les mesures de dérégulation en tant que mise en conformité du droit japonais avec les règles du commerce international (notamment celles établies par l'Union pour la Protection des obtentions végétales), pourrait effectivement venir à bout du modèle agricole actuel au profit des exploitations les plus grandes et les plus productives.

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Entrée #009 - 21.08.20

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, santé, réseaux, justice, technique
A travers leur appel à la coopération, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) rappellent que 51 pays sont touchés par l'épidémie de peste porcine africaine (african swine fever, ASF) qui sévit depuis 2018. Détectée pour la première fois en 1921 sur des individus sauvages asymptomatiques, la peste porcine africaine aurait contaminé des porcs domestiques par l'intermédiaire de tiques dans les années 1960, au moment de l'ouverture des nations africaines aux marchés internationaux. Selon l'OIE, elle aurait provoqué la mort par infection ou abattage de plus de 8 millions de porcs depuis 2016, dont 80% en Asie, région où le porc représente près de la moitié de la viande consommée. En 2019, l'effondrement de la production porcine chinoise a entraîné une augmentation des prix de près de 50% profitant essentiellement aux plus gros producteurs, tandis que les faillites se sont multipliées pour les petites exploitations qui n'étaient pas en mesure de mettre en œuvre les mesures sanitaires obligatoires.

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Entrée #008 - 25.06.20

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, justice, réseaux
Le 9 juin dernier, le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE), assemblée représentant les organisations professionnelles et consultée lors du processus législatif, a rendu un avis sur la question du renouvellement des exploitations agricoles en France. La Confédération Paysanne "salue l'adoption de l'avis du CESE (...) dont elle partage les constats et les principales préconisations", notamment "l'adoption d'une loi foncière ambitieuse pour mettre fin au verrouillage foncier" (un phénomène abordé par Lucile Leclair dans le Monde Diplomatique en juillet dernier), l'accompagnement financier et la formation des nouveaux agriculteurs et la revalorisation des retraites agricoles. Le syndicat rappelle qu'un quart des fermes pourrait disparaître d'ici 5 ans et que 200000 agriculteurs partiront à la retraite d'ici 2026. Dans The Conversation, le sociologue Antoine Pécoud rappelait que l'agriculture française restait très dépendante de la main d’œuvre étrangère peu qualifiée, comme l'a montré la crise sanitaire. Une situation qui favorise les abus et les violations au droit du travail, suscitée par la très grande spécialisation de l'agriculture intensive d'une part et alimentée par la disponibilité d'une telle main d’œuvre d'autre part.


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Entrée #004 - 18.02.20

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Classé dans : Journal Mots clés : santé, alimentation, propriété, recherche
Le 31 décembre 2019, les autorités sanitaires chinoises déclarent les premiers cas d'une pneumonie encore non identifiée. La première diminution du nombre de nouvelles contaminations a lieu le 12 février 2020. Au 17 février, l'épidémie de Covid-19 a provoqué 1770 décès pour environ 70000 contaminations en Chine. Le pays pesant 17% du PIB mondial, l'économie mondiale subit le contrecoup de la crise sanitaire : diminution des exportations, baisse du prix du baril de pétrole, baisse des valeurs de la bourse, difficultés d'approvisionnement, notamment dans le secteur de l'électronique. Dans le pays, dont la croissance est très dépendante de la consommation intérieure, la crise sanitaire constitue également un risque pour l'emploi et l'endettement des entreprises. Certains chercheurs estiment que la structure politique pyramidale de l’État chinois a entravé l'alerte tout en permettant une mise en œuvre rapide des mesures d'urgence. D'autres évoquent les investissements publics récents et massifs dans le système de santé qui s'était révélé défaillant lors de l'épidémie de SRAS, mettant en cause l'ouverture à l'économie de marché des années 1980-2000 et l'accaparement des services hospitaliers par le secteur privé. Contre ce modèle de gestion de crise qualifié parfois de "totalitaire", Emmanuel Hirsch suggère de développer un modèle démocratique fondé sur la concertation en France autour de cet enjeu afin de favoriser la confiance, la justice et prévenir les discriminations et les négligences. Il estime que dans le contexte actuel "de conflit des expertises, de contestation de la parole publique et d’expression forte d’un besoin de médiations et de concertations dans les processus décisionnels", l'approche verticale de la gestion de crise qui prévaut en France augmenterait la défiance et le sentiment de vulnérabilité de la population. Deux analyses qui ont une résonance particulière tandis que le conflit entre le gouvernement français et le personnel hospitalier s'enlise.

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