Entrée #23 - 31.12.21

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, réseaux, nucléaire, énergie, médias
Inventé par les pères du concept de “paternalisme libertarien”, le nudge (“coup de pouce”) a fait l'objet d'une publication dans le magazine de l'Inserm en novembre. L'article revient sur cet outil de suggestion comportementale qui consiste “à modifier nos habitudes, sans nécessiter un niveau d'attention élevé et prolongé de notre part”. De nombreux exemples sont cités, le plus souvent basés sur des stimulations visuelles (étiquetage, marquage) non-explicites quant à leur objectif réel. L'Inserm cite “une méta-analyse de 96 expérimentations [qui] montre que les nudges qui font appel à la réflexion des consommateurs, comme le Nutri-Score, sont moins efficaces que ceux qui touchent aux émotions”. Henri Bergeron, sociologue à Sciences Po Paris et directeur de recherche au CNRS cité par l'Inserm, rappelle que “les nudges n'ont pas d'impact sur les conditions sociales d'existence, comme le pouvoir d'achat. Fonder une politique de santé publique sur les nudges est un projet minimaliste, qui renonce de fait à transformer la société”. La revue des médias rapproche ces dispositifs des “dark patterns” (interfaces truquées), techniques de manipulation par le design très répandues sur le web et dont le but est “d'orienter l'utilisateur vers des choix qu'il n'aurait probablement pas faits en connaissance de cause”. Claude Castelluccia, directeur de l'équipe Privatics de l'Inria cité dans l'article, suggère que ces manipulations sont “les conséquences même du modèle économique de l'internet et de ses services “gratuits”. La revue des médias estime que dans le cas des nudges comme dans celui des dark patterns, et “à leur insu, il s'agit de priver les utilisateurs de leur capacité à choisir”.

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Entrée #22 - 29.11.21

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Classé dans : Journal Mots clés : climat, alimentation, travail, IA
Simon Kofe, ministre des affaires étrangères des îles Tuvalu, a mis en scène les menaces qui pèsent sur l'état insulaire en apparaissant les pieds dans l'eau lors de son adresse à la 26ème Conférence des parties sur les changements climatiques (COP26) qui s'est déroulée début novembre. À terme, une combinaison de plusieurs menaces devrait rendre l'archipel inhospitalier, voire inhabitable. Tuvalu a connu la pire sécheresse de son histoire entre juin et août dernier, avec des précipitations moyennes équivalentes à 25% de la normale, alors que l'eau de pluie est le principal accès à l'eau douce de la population. Ces îles basses font également face à des ouragans plus fréquents et au recouvrement régulier des terres par la mer, avec pour conséquences une augmentation des surfaces terrestres touchées par la salinisation et l'infertilité, comme le signalait le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans son cinquième rapport en 2014. Le chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) Sougueh Cheik résume pour The Conversation les enjeux de ce phénomène de salinisation excessive des sols, qui touche un milliard d'hectares dans le monde, soit 7% de la surface terrestre de la planète. L'auteur souligne que le phénomène est étroitement lié à l'irrigation inappropriée des terres agricoles et impacte particulièrement les zones arides. Une situation observable grâce à la carte publiée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en octobre, qui estime que “20 à 50% des sols irrigués sur l’ensemble des continents sont trop salés”.

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Entrée #21 - 24.10.21

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, énergie, nucléaire, propriété
La mobilisation des agriculteurs se poursuit en Inde, un an après l'adoption par le parlement de trois lois controversées qui visent à libéraliser le secteur agricole. Ces lois mettent fin au contrôle des prix pour de nombreuses denrées de base et amènent la possibilité de les vendre à des prix librement négociés en dehors des marchés de gros supervisés par les États (mandis), devenus des quasi-monopoles locaux. La disparition des outils de régulation du marché agricole (qui soutiennent l'activité de 41,5% de la population active et l'indépendance alimentaire d'1,3 milliards d'habitants) fait craindre une concentration des terres agricoles au profit des plus riches, comme dans l'état du Bihar, et l'augmentation de la sous-alimentation. Mené par les agriculteurs du nord du pays et en particulier par la communauté sikh, le mouvement de contestation fait face à des accusations de séparatisme portées par le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi, qui s'est appuyé sur la Cour suprême pour tenter de légitimer sa position. Le mouvement bénéficie néanmoins d'un large soutien populaire : le 26 novembre dernier, il a été à l'origine de ce qui est considéré comme la plus grande grève au monde, avec un nombre de participants estimé à 250 millions.

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Entrée #20 - 15.09.21

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Classé dans : Journal Mots clés : alimentation, justice, propriété, travail, réseaux, guerre
Les manifestations se sont multipliées tout au long du mois d’août au Honduras contre l'établissement de Zones d'emploi et de développement économique (Zonas de empleo y desarrollo éconómico, ZEDE). Inscrite dans la loi en 2013 après un coup de force législatif de l'actuel président Juan Orlando Hernández avec l'appui de milieux d'affaires américains, leur création doit permettre d'attirer des investisseurs étrangers et des activités industrielles par l'établissement, dans de vastes régions du pays, d'une fiscalité plus faible qu'ailleurs, d'un accès à une main d’œuvre nombreuse et bon marché et de normes sociales et environnementales assouplies. En outre, la loi prévoit de confier la gestion des moyens de police, de justice et de détention à l'administration privée de chaque zone. Cette dernière dispose enfin de facilités d'accès au foncier par l'expropriation afin de simplifier l'installation des activités de production. Leurs détracteurs les considèrent comme les héritières des enclaves bananières (comme celles de la célèbre United Fruit Company) et dénoncent une forme de néocolonialisme ultralibéral. Leurs craintes portent en particulier sur la perte de souveraineté du peuple sur une large portion du territoire national et sur le risque de voir ces enclaves devenir des refuges pour les narcotrafiquants et les hauts fonctionnaires poursuivis par la justice, dans un pays à la corruption endémique. L'ONU a exprimé en juin dernier sa préoccupation vis-à-vis du risque d'atteintes aux droits de l'homme au sein de ces ZEDE. Pour autant, le journaliste Marcel Barang rappelait dans un article paru en janvier 1981 dans le Monde Diplomatique que le modèle des zones franches, dont les ZEDE sont le dernier développement, avait largement bénéficié à cette époque du soutien de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), dans l'optique d'industrialiser les pays en développement dépendants des exportations de produits de base. "Plus généralement", ajoutait t-il, "les organismes internationaux tels que la Banque mondiale ont fait leur la stratégie d’"industrialisation orientée vers l’exportation" qui sous-tend la prolifération des zones franches ; ils exercent de fortes pressions sur les pays récipiendaires de leur aide pour les intégrer dans ce projet global."

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Entrée #19 - 13.08.21

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Classé dans : Journal Mots clés : climat, justice, migrations, médias
Un consortium de journalistes, coordonné par l'organisation non-gouvernementale Forbidden Stories avec l'appui technique d'Amnesty Tech, a révélé une liste de 50000 numéros de téléphone parmi lesquels figurent ceux de personnalités politiques, militants des droits humains et journalistes. Un nombre difficile à estimer de ces personnalités pourrait avoir été mis sur écoute par des services de renseignement à l'aide du logiciel espion Pegasus, commercialisé par l'entreprise israélienne NSO. Jean-Marc Manach rappelle que contrairement aux pratiques dévoilées par Edward Snowden en 2013 qui consistaient en l'interception massive des échanges pendant leur transit, ces écoutes reposent sur l'exploitation de failles dites zero day (non encore découvertes et réparées) sur les terminaux de cibles désignées. Cette méthode permet de contourner le chiffrement des échanges largement déployé depuis les révélations de Snowden. Si les faits sont avérés, cette nouvelle affaire constituerait une atteinte supplémentaire au travail de la société civile et des journalistes, au même titre que la multiplication des SLAPP (Strategic lawsuits against public participation) ou “procédures bâillons”, comme le signale la Revue des Médias. Ces procès à répétition sont utilisées par des lobbies et des grandes firmes à des fins d'intimidation et de pression financière sur leurs adversaires, journalistes et militants associatifs en tête. L'article égrène de nombreux cas récents, comme celui de Daphné Caruana Galizia, journaliste maltaise assassinée en 2017 alors qu'elle enquêtait sur des faits de corruption et poursuivie dans quarante-sept affaires au moment de sa mort. En France, la REM rapporte la prédilection des filiales du groupe Bolloré pour les SLAPP, ou encore les cas des journalistes Inès Léraud et Morgan Large, qui enquêtent depuis de nombreuses années sur le secteur de l'agroalimentaire en Bretagne et sont de ce fait les cibles de procès et malveillances à répétition.

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