Entrée #15 - 27.03.21

Rédigé par falx Aucun commentaire
Classé dans : Journal Mots clés : justice, éducation, réseaux
L'Etat d'urgence, mis en place en France en 2015 suite à des actes de terrorisme puis reconduit en raison de l'épidémie de Covid-19, a servi de prétexte à une numérisation à marche forcée de pans entiers de la société, et en particulier à la généralisation de moyens de surveillance automatisés. Telle est l'observation faite par Hubert Guillaud dans un article publié à la mi-mars, où l'auteur alerte sur les conséquences de cette dynamique : dissolution des collectifs et de la démocratie, dérives de l'État de droit qui tend à sanctionner les intentions, les comportements et les signaux plus que les actes et développement d'une "société de la vigilance", selon l'expression de la chercheuse Vanessa Codaccioni. Face à ces menaces, le projet collectif Technopolice, coordonné par la Quadrature du Net, propose d'utiliser la cartographie collaborative pour "documenter et (...) résister aux déploiements de nouvelles technologies policières." Une initiative comparable à l'Atlas of surveillance mis en œuvre par l'Electronic Frontier Fondation (EFF), qui montre la généralisation de la surveillance automatique aux États-Unis, en particulier sur les campus universitaires. Mais la cartographie collaborative peut également servir des desseins opposés, comme le signale le blog Cartographie(s) numérique(s) à propos de l'initiative Dorozoku au Japon, qui propose de cartographier les rues bruyantes. Le projet a ainsi pris la forme d'un moyen de dénonciation à l'encontre des enfants bruyants et des utilisations ludiques des espaces publics. Une auto-surveillance de la population qui rappelle l'initiative "Voisins vigilants" en France, tournée en dérision par Geoffrey Dorne et sa proposition de visuels "Voisins Bienveillants" sur son blog Graphisme & Interactivité. Le même blog Cartographie(s) numérique(s) faisait état deux jours plus tard de l'influence grandissante des multinationales du numérique sur les outils libres comme OpenStreetMap, dans lesquels elles investissent de plus en plus et dont elles tirent bénéfice des données, dégradant de ce fait leur portée émancipatrice.

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